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70 ans d’expérience. Une vision qui perdure. Nouveau blog en ligne • 12 juin 2026

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Or sous pression

03-04-2026

L’or sous pression à cause de la géopolitique, mais la tendance de fond reste intacte

Ces derniers jours ont une nouvelle fois montré à quelle vitesse les marchés financiers peuvent se retourner lorsque la géopolitique prend le dessus.

L’escalade autour de l’Iran, combinée à une communication ferme de la part des États-Unis, a provoqué un repositionnement immédiat des capitaux à l’échelle mondiale. Les prix de l’énergie ont grimpé, le dollar s’est renforcé et les marchés à risque ont subi une pression notable.

Fait remarquable, l’or, pourtant considéré comme une valeur refuge traditionnelle, a reculé à court terme.

 

Pourquoi l’or a baissé alors que les tensions augmentaient

 

À première vue, cela peut sembler contradictoire. En période d’incertitude, les investisseurs s’attendent généralement à une hausse du prix de l’or.

Mais la réalité est plus nuancée. La hausse brutale du pétrole vers 110 dollars le baril a entraîné une remontée des anticipations d’inflation, une hausse des taux réels et un renforcement du dollar. Or, cette combinaison exerce à court terme une pression sur l’or.

À cela se sont ajoutées des prises de bénéfices après la hausse récente, ainsi que d’éventuelles ventes de la part de pays confrontés à une augmentation de leurs coûts énergétiques, dans un marché devenu plus nerveux et moins liquide.

 

Pourquoi le mouvement des 1er et 2 avril reste important

 

Malgré la correction, un élément demeure essentiel : l’or a de nouveau franchi un seuil important au début du mois d’avril.

Cette progression n’était pas le fruit du hasard. Elle reposait sur des facteurs structurels toujours présents aujourd’hui. Les banques centrales continuent d’acheter de l’or, les flux vers les ETF soutiennent le marché et l’incertitude macroéconomique reste élevée.

Le récent repli ne change donc rien à la tendance de fond. Il montre surtout à quel point le marché reste sensible aux signaux géopolitiques, aux mouvements du pétrole et à l’évolution des taux.

 

La France envoie un signal clair

 

Un développement ayant reçu moins d’attention, mais au moins aussi significatif, concerne la France.

La Banque de France a remplacé les 129 dernières tonnes de réserves d’or encore détenues à New York par de nouveaux lingots standardisés, puis les a rapatriées à Paris. La totalité des réserves d’or françaises se trouve donc désormais de nouveau sur le sol français.

Officiellement, il s’agissait d’une opération technique visant à moderniser les réserves, à les standardiser et à les rendre plus facilement négociables. Mais il est difficile d’ignorer la portée symbolique d’une telle décision.

Dans un monde où les tensions géopolitiques augmentent et où l’autonomie stratégique redevient une priorité, une grande banque centrale européenne choisit de conserver son dernier or précédemment stocké aux États-Unis sur le sol européen.

 

Bien plus qu’une simple opération technique

 

Ce qui rend cette opération particulièrement intéressante, c’est que des réserves anciennes ne répondant plus entièrement aux normes actuelles du marché ont été transformées à New York en nouveaux lingots conformes aux standards internationaux, avant d’être replacées à Paris.

La France a ainsi résolu plusieurs enjeux en une seule fois. Ses réserves sont désormais plus faciles à valoriser, plus liquides et plus rapidement mobilisables si nécessaire.

Le résultat est clair : davantage de contrôle, davantage de flexibilité et moins de dépendance vis-à-vis d’un stockage extérieur.

 

La continuité historique de De Gaulle et Rueff

 

Pour ceux qui suivent l’histoire du système monétaire international, cette décision s’inscrit également dans une continuité historique.

Dès les années soixante, Charles de Gaulle et Jacques Rueff avaient mis en garde contre les risques d’un monde dans lequel une seule monnaie nationale joue en même temps le rôle de monnaie de réserve mondiale. Leur critique du privilège accordé au dollar était déjà limpide : un tel système finit inévitablement par créer des déséquilibres profonds.

Ce déséquilibre a profité pendant des décennies aux États-Unis. Un pays émettant la monnaie de réserve mondiale peut emprunter plus facilement, financer ses déficits à moindre coût et supporter plus longtemps des déséquilibres structurels que d’autres économies.

Mais aucun privilège monétaire ne dure éternellement.

 

Pourquoi l’or redevient central

 

La vraie question aujourd’hui n’est donc pas de savoir si le dollar perdra du jour au lendemain sa position dominante. Ce scénario reste peu probable. La question essentielle est de savoir à quoi ressemblera la prochaine phase du système monétaire international.

Nous ne pensons pas qu’une nouvelle monnaie unique remplacera simplement le dollar. Il est bien plus logique d’envisager un monde dans lequel l’or retrouve un rôle plus important comme réserve neutre, sans risque de contrepartie.

Si l’or redevient un instrument stratégique dans l’équilibre entre les pays, la nécessité de dépendre entièrement d’une seule monnaie nationale dominante diminue. C’est précisément pourquoi les banques centrales du monde entier remettent l’or au centre de leurs réserves stratégiques.

 

La Belgique a laissé passer une occasion historique

 

Si l’on compare avec les autres pays du Benelux, les Pays-Bas disposent d’environ 612,5 tonnes de réserves d’or, contre environ 227,4 tonnes pour la Belgique.

La Belgique possédait pourtant autrefois une réserve bien plus importante. À un certain moment, notre pays détenait environ 1.300 tonnes d’or, mais la majeure partie a été vendue, et à des prix historiquement très bas.

Cela reste aujourd’hui encore une occasion manquée.

 

Conclusion

 

La récente pression sur l’or doit surtout être interprétée comme une réaction de marché à court terme dans un climat géopolitique volatil, et non comme une rupture de la tendance de fond.

Les fondamentaux restent solides. Les banques centrales continuent d’acheter de l’or, les risques géopolitiques augmentent et la confiance dans le système monétaire actuel est sous pression.

Ceux qui ne regardent que les fluctuations quotidiennes voient du bruit. Ceux qui regardent l’ensemble comprennent pourquoi l’or retrouve aujourd’hui une place centrale.

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